Avortement (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

XII e siècle. Dérivé d' avorter.
1. Chez la femme, interruption de grossesse, spontanée ou provoquée, avant le sixième mois. Par ext. Dans le règne animal. Certaines maladies infectieuses provoquent des s dans les troupeaux.
2. Dans le règne végétal. Arrêt de croissance ou dépérissement d'un organe en formation. La coulure, en altérant le pollen, provoque l' des grappes de la vigne.
3. Fig. Échec, insuccès ; le fait de ne pas aboutir, de décevoir des attentes, des espérances. L' d'un plan, d'un projet. L' d'un talent prometteur.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

Action d'avorter, au propre et au figuré. "Cette jument, cette vache a reçu un coup dans le ventre, cela peut lui causer un ." En parlant des femmes, on ne le dit guère que d'un Accouchement avant terme provoqué par des moyens criminels. "Se rendre coupable d'un ." Lorsque l'accouchement avant terme a lieu par quelque accident, ou par l'effet d'une mauvaise constitution, on l'appelle "Fausse couche." Voyez COUCHE.
Fig., "Avortement d'une entreprise," Insuccès de cette entreprise.



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Terme de médecine. Expulsion, avant terme, d'un foetus non viable. Provoquer l' est un crime puni par le Code pénal.

 2   Fig. Insuccès. L' des desseins qu'il avait formés.

REMARQUE
    Dans l'obstétrique, l' diffère de l'accouchement prématuré qui est l'expulsion, avant terme, d'un foetus viable ; et de la fausse couche, qui comprend non-seulement tout accouchement avant terme, mais aussi l'expulsion d'un faux germe, d'une môle, etc.

HISTORIQUE
    XVIème siècle
PARÉ: « Tel enfantement [hors terme] est appelé abortif ou advortement »

ÉTYMOLOGIE
    Avorter ; provenç. abhortiment ; catal. abortament ; espagn. et ital. aborto.


Signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


Action d'avorter. "Cette jument, cette vache a reçu un coup dans le ventre, on craint un , cela peut lui causer un ." En parlant Des femmes, on ne le dit guère que D'un accouchement avant terme provoqué par des moyens criminels. "Procurer un à une femme, au moyen de quelque breuvage." Lorsque l'accouchement avant terme a lieu par quelque accident, ou par l'effet d'une mauvaise constitution, on l'appelle "Fausse couche." Voyez COUCHE.



Ancienne définition de 1798 (Académie Française)

Subst. masculin 


Accouchement avant terme. "Causer un . Procurer un ".



Signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Accouchement avant terme. "Causer un . Procurer un ."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

AVORTER, v. n. AVORTON, s. m. L'"avortement" est l'acouchement avant terme. "Avorter", c'est donc acoucher avant le terme ordinaire; mais en parlant des femmes, il ne se dit que d'un volontaire et criminel, ou causé par un accident.
- "Avorton", animal né avant terme. 'Causer, procurer un "avortement". 'Elle prit des breuvages pour "se faire avorter;" elle reçut un coup qui la "fit avorter". 'C'est "un avorton;" il est fort au-dessous de la grandeur et grosseur qu'il devrait être.
   "Rem." 1°. Me. de B..... ("Hist. des Tud.") dit "avortion", des signes d'"avortion". C'est un anglicisme barbâre. "Abortion". Dict. Angl.
   AVORTER, se dit ordinairement des femelles des animaux. 'Les vaches "avortent" quand elles mangent de certaines herbes.
   2°. "Le Gendre", non-seulement dit "avorter" des femmes, mais il fait régir à ce verbe l'ablatif (la prép. "de"). Albert le Grand, dit qu'une femme "avorta de" vingt-deux enfans; une autre "de" soixante-dix, et une troisième "de" cent cinquante. Et l'emploi du mot et le régime, sont aussi irréguliers que les faits raportés sont incroyables. Il falait dire, "acoucha avant terme de", etc. Cependant, dit "La Touche", quoique "avorter" ne se dise des femmes que d'un volontaire, "faire avorter" se dit par raport à elles des caûses qui produisent cet éfet. 'Les odeurs fortes "font" quelquefois "avorter" les femmes.
- Mais le dit-on de l'enfant? Oui, dans une "Traduct. de Pline", mais je ne l'ai vu que là. 'Il ne faut souvent que l'odeur d'une lampe mal éteinte pour "le faire avorter". Cela est mal dit: "avorter" ne veut pas dire "naître", mais "acoucher" avant terme.
   AVORTER se dit par extension des fruits. 'Ces vents ont "fait avorter les" fruits. Remarquez que, par raport aux animaux, on le dit de la mère et non pas de l'enfant, et que par raport aux fruits, on le dit des fruits et non pas de l'arbre.
   AVORTER est aussi beau au figuré; mais il le faut employer avec sagesse et avec goût. 'Vous "avez fait avorter ses" desseins.
   Si par bonheur cette impostûre "avorte".       Rouss.
M. l'Ab. "Sabatier" (Trois Siècles) dit: 'La Poésie doit acorder son langage avec la raison; mais la gêne du raisonement "fait avorter les traits de" lumière et "de" sentiment propres à fraper. 'À~ quoi sert de s'exalter péniblement l'imagination pour produire quelques "étincelles" qui "avortent", ou n'éblouïront qu'un instant. Je crains que "faire avorter des traits" et des "étincèles qui avortent" ne soient pas du goût de tout le monde.
- 'Cette entreprise "est avortée". Acad. Remarquez qu'il prend "être" pour auxiliaire: '"Est avortée", et non pas "a avorté".
   3°. AVORTON, ne se dit guère qu'au figuré, même en parlant des animaux et des fruits.
- Un "avorton" de mouche en cent lieux le harcèle. "La Font."
   Si quelque "avorton de l'"envie
   Ose encôre lever les yeux.       Malherbe.
On peut absolument le dire au propre:
  Triste "avorton", informe enfant,
   Rebut du néant & de l'être.Trév.



Signification éditée en 1694 (selon l'Académie Française)

Subst. masculin 


Accouchement avant terme. "Causer, procurer un ".




Emplacement dans le dictionnaire :

avocate
avocatier
avoine
avoir
avoir droit de marque
avoir du poids
avoisiné
avoisiner
avorté

avorter
avorton
avouable
avoue
avoué
avouer
avoyer
avrelon
avril
avrillée
avuer




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Ernest RENAN (Souvenirs d'enfance et de jeunesse)

...elle n'eût pensé qu'à délivrer la sacristine ; mais elle n'y songeait guère. Elle était plongée dans une sorte de stupeur, qui n'avait rien de commun avec le remords. Ce qui l'abattait, c'était l'avortement évident de sa tentative sur l'esprit du vicaire. Toute autre âme que celle d'un prêtre eût été touchée de la révélation d'un si violent amour. Celle du vicaire n'éprouva rien. Il s'interdit de...


Citation n°2 de Joséphin PÉLADAN (Le Vice suprême)

...ou un vice ; à tous a manqué ce levier qui hausse le vouloir à l'acte et la conception à l'oeuvre. Des passions honteuses souvent, excessives toujours, ont été les chancres de leur virtualité. Avortement d'une entité, krack d'un destin, ces grognards de la décadence latine se sont dévirilisés aux griffes des sphinx dont ils ne savaient pas les énigmes en les affrontant. Mutilés, un prestige mauvais...


Citation n°3 de Antoine COURNOT (Essai sur les fondements de nos connaissances et sur les caractères de la critique philosophique)

...le système de nos connaissances en fût essentiellement modifié, sans que le germe d'aucune de nos théories scientifiques fût par cela même, et de toute nécessité, condamné à la destruction ou à l'avortement, il est manifeste que le retranchement du sens de la vision, en rendant l'acquisition d'une foule de connaissances absolument impossible, arrêterait de fait presque tout développement scientifique....


Citation n°4 de Antoine COURNOT (Essai sur les fondements de nos connaissances et sur les caractères de la critique philosophique)

...botanique descriptive en sera définitivement débarrassée, et, en revanche, se sera enrichie d'un fait précis, positif, incontestable. Mais je suppose que la fleur soit sujette à ce qu'on appelle un avortement constant, normal, spécifique ; que les deux étamines, modifiées dans leur développement, deviennent des organes dont les formes et les fonctions s'éloignent de plus en plus de celles des étamines...


Citation n°5 de Pierre-Joseph PROUDHON (Qu'est-ce que la propriété ?)

...alimentation luxuriante et plantureuse rendrait les femmes stériles, comme une surabondance de sève rend les fleurs plus riches et plus belles en les faisant avorter. Mais l'analogie est fausse : l'avortement des fleurs vient de ce que les étamines ou organes mâles sont changés en pétales, comme on peut s'en assurer à l'inspection d'une rose, et de ce que par l'excès d'humidité la poussière fécondante a...


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